Au bout de Moi-même

vendredi 26 décembre 2008

"En ce temps là j'avais vingt ans"

J'y pense depuis hier soir. D'écrire ici. De me livrer.

Pierre Bachelet tourne à fond sur Deezer. Papa écoutait et écoute toujours ce chanteur. Cela me rappelle notre famille, mes frères et sœurs vautrés dans la canapé, ados boutonneux et moi, petite gamine de deux ans, avec mes couettes et mes lunettes, qui sautent sur eux. Je me souviens de ce super Noël, je devais avoir.. Six ans. Papa Noël m'avait offert la maison  Playmobil du style XIXème siècle. Papa et GrandFrère avaient construit la maison pendant deux bonnes heures, ma GrandePetite Soeur était tombé dans la sapin, car trop d'alcool. Moi je riais très fort en jouant à la poupée et "Papa, tu te depêches !!!!!"

Je crois que Papa était heureux. Maman aussi. Je les vois rire et je vois le bracelet que Papa avait offert à Maman. Je vois le sac que mes soeurs avaient eu et je vois le copain  de GrandeSoeur qui est aujourd'hui son mari. C'était il y a quinze ans.

GrandFrère était avec son amie, sa future femme, cette pute.

Noël a été difficile pour nous. J'ai été traversé de sentiments contradictoires pendant un mois. Redoutant le moment, excitée par le moment. Des pensées d'adulte dans des envies d'enfant.

J'ai toujours adoré Noël, malgré le divorce, malgré la solitude de ma mère, malgré l'éloignement de mes frères et soeurs. Parfois ils étaient là, parfois non. Parfois j'étais avec Papa, parfois avec Maman. Je n'ai jamais été traumatisé par ce va et vient à Noël entre mes parents. Certes, chacun a toujours voulu faire mieux que l'autre, avec un net avantage pour mon père. Mais Maman faisait toujours des cadeaux sentimentaux.

J'ai pensé à mon GrandFrère très fort. Cela fait six mois qu'il nous a quitté, qu'il est parti. C'est maintenant que j'ai mal, c'est maintenant que je me rends compte de ce que c'est la mort. Je comprends aussi les notions de paradis et d'enfer, voulues par les religions. Cela permet à ceux qui restent de faire le deuil : si la personne décédée était aimé, on espère le paradis, un état où elle sera mieux, plus à l'aise que nous. Nous, qui  sommes comme de cons à pleurer et se remémorer les souvenirs, les photos, seules preuves de son existence près de nous. Et puis si on n'aimait pas la personne, c'est l'enfer, vivre pire que nous sur cette Terre.

Je comprends de mieux en mieux ces notions, c'est très dur de se dire que mon GrandFrère n'est plus rien, sauf de la poussière dans une urne, que ce grand gaillard a été réduit en cendre, qu'il est enterré dans un champs. Quand on se détache du sentimental c'est très dur de s'imaginer tout cela. Je sais que mon Frère est mort, mais je ne sais pas comment le vivre. J'ai l'impression que je peux le voir tout de suite, là, qu'il arrive. Qu'il va appeler Maman. Il me manque énormément, sa place était essentielle dans la famille. Il faut toujours un drame dans une famille pour que chacun se rende compte de la place des autres. C'est triste mais c'est ainsi.

J'étais seule avec Maman et son chagrin le 24 au soir. Je comprends mes soeurs qui fuient ce genre d'entretien avec Maman. J'ai eu le droit à la panoplie de pleurs, de désespoir. J'ai tenu, je n'ai pas craqué. Nous avons mangé en très peu de temps mais des choses bonnes, puis nous avons regardé des comédies et nous sommes allées nous coucher vers une heure du matin. Quelque chos de simple, pour ne pas oublier la peine mais pour la supporter. J'ai pleuré dans mon lit une partie de la nuit, en me disant que notre famille n'avait pas de chance, je pensais à ma mère, à ces deux divorces, à toutes les couleuvres avalées.

J'ai pensé à mon année terrible, entre rupture, décés et problèmes de santé.

J'ai rêvé de l'AutreConnard cette nuit. Cela me tue de penser à lui, à tous les espoirs que j'avais mis dans ce couple qui finalement a explosé pour une histoire de cul qui dure. Ils s'aiment, hein. J'espère qu'il connaïtra un jour une vraie bonne douleur amoureuse, de celle qui vous consumme et vous bouffe de l'intérieur, de celle qui fait que six mois après tu es toujours capable de lui péter la gueule.

D'un autre côté, je vis ma vie amoureuse tranquillement, comme bon me semble. J'embrasse un peu qui je veux, je bois ce que je veux. Apperement je suis dans une relation depuis plusieurs mois. Mais je ne ressens rien, alors que le garçon m'aime selon lui. J'ai envie de m'enfuir en courant, mais je ne sais pas, je reste, alors que je sais très bien que je suis en train de faire la conne, avec un très grand C. Je fais tellement la conne que j'ai du dire au Garçon que je ne tomberais pas amoureuse. Et lui m'a répondu que ce n'était pas grave, je n'avais qu'à faire semblant. Sauf que là je ne peux plus vraiment faire semblant. J'erre complétement.

J'ai embrassé le Très Bon Copain de l'Homme qui me hante à longueur de journée.

J'étais un peu pompette, l'Homme, qui joue très bien le rôle de mon meilleur ami, dansait avec moi, me touchait le dos, le ventre, me prenait dans ses bras. Le Très Bon Copain me regardait et demandait à l'Homme de lui faire un peu de place, pour qu'il puisse m'embrasser.

Je ne sais pas pourquoi j'ai accepté. Peut-être pour prouver que d'autres garçons pouvaient me désirer, pour montrer que j'étais sur le marché, que si l'Homme n'avait pas compris que j'étais une fille, qu'il comprenne. Je ne sais pas pourquoi j'ai fais ça. Je ne le regrette pas. Mais j'envoie tellement de signes contradictoires à l'Homme.

Surtout que nous en avons déjà parlé tous les deux. Qu'il dit que non ce n'est pas possible, que oui il est attiré par moi, mais que non, car mon passé. Et surtout moi. Qu'il est mon ami, et qu'on doit faire attention à ce qu'on fait.

On s'appelle tous les jours, il est capable de me défendre,de débarquer chez moi n'importe quand, on s'organise nos petites sorties tous les deux, il séche des cours pour moi, je fais de même, je retarde un train pour aller le voir à l'hopital, j'ai failli mourir de peur lors de cette opération, je suis allée le voir la première avec son ami d'enfance. Il a énormément de charme, il est à l'aise partout, parle de tout et se perd dans des débats philosophiques, a son groupe dont je suis l'attachée de presse, il m'a remise en selle dans mon engagement, il m'a fait connaître des gens incroyables, on parle musique/ politique pendant des heures. Bref.

Et si même après une opération difficile du cerveau, je le trouve mignon avec ses bandages partout, je suis dans la merde je crois.

De toute manière, hein, Paradoxa.
Pas pour rien.

Joyeuses fêtes à tous !

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vendredi 24 octobre 2008

De l'alcôve de mes ambiguïtés

Nous sommes tous là, chez moi, autour de deux trois cartons qui font table basse, je tente de faire à manger, mais entre les bouteilles et la drogue, c'est un peu compliqué de se faufiler vers le riz qui cuit.

Je suis enfin installée chez moi, avec une belle terrasse, avec des meubles qui sont les miens, et je tente de faire le deuil de ma vie passée. C'est parfois un peu compliqué, surtout quand tout vous rappelle à elle : votre mère malheureuse, des cartons ouvert avec des "je t'aime" dedans, des tracts, des cours de l'année dernière. Que vous vous souvenez parfaitement de ce que vous faisiez tel ou tel jour, les anniversaires que vous aimeriez oublier, les premières fois aussi.

D'un côté les chaînes de la mémoire, de l'autre l'appel très fort de la vie nouvelle.

Les amis, les soirées qui s'enchaînent, le sport, les cours, toujours les amis, une nouvelle routine à apprivoiser, savoir quand manger, quand dormir, écouter son corps, toujours le sport, le baby sitting. Tout s'enchaine et s déroule naturellement. Déjà un mois de cours, j'ai tellement l'impression d'être en retard, et si je n'y arrivais pas, si je ne pouvais pas réussir. Est ce que j'ai encore le droit au bonheur ?

J'ai du mal à prendre certaines décisions, qui je sais, seront sûrement celles qui feront mon bonheur.

Je couche toujours avec le même garçon, depuis maintenant trois mois. Je pense qu'il est en train de s'attacher, mais ce n'est pas du tout.

(Reprise du post quelques heures plus tard même jour)

Je prends l'habitude de ne pas écrire d'un jet, de ne pas me relire aussi.

L'homme dans mon lit a finalement été viré parce que, je n'en pouvais plus et je pense aussi que je méritais mieux. C'est très péteux, mais c'est vrai. Et ça c'est à cause de Bj.

Il y a eu B. aussi et d'autres. Cela passe, cela vient. Je reprends confiance en moi.

Et si je parlais de Bj dans un prochains posts ? On verra...

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samedi 27 septembre 2008

Se combattre

Y croire, se dire que c'est encore possible, que non, je ne tombe pas dans la dépression.

Il s'est installé chez moi, dans mes meubles, avec sa nouvelle copine. J'ai du  mal à y croire. J'ai du tout déménager, comme ça d'un coup, avec mes amis, mettre dans un garde meuble, fermer les yeux, et aller vivre chez mes amis. Je ne sais plus qui je suis. Je ne sais plus ce qui se passe. J'ai trouvé un nouvel appartement et je dois déménager. Mais. Je suis bloquée. Par les problèmes d'argent par tout, je ne sais plus trop vers où je vais. Et cette rentrée qui arrive à grand pas.

Nouveau travail, nouveau chez soi. Vais je y arriver ? A tout savoir, à tout contrôler ? Comment s'est déjà la vie quand on est seule ? C'est quoi être seule chez soi ?

Je pleure pour tout, pour rien, ça va et ça vient, mais je pleure souvent. On se demande pourquoi les vannes sont ouvertes. Je lui en veux à l'autre Connard, si vous saviez comme je lui en veux. Je pense que je pourrais le broyer de me faire autant de mal, de continuer à m'enfoncer.

Les problèmes de frics aussi s'amoncellent. Un gros trou à combler avant l'interdit bancaire. Encore heureux que j'ai des amis exceptionnels, qui me soutiennent, qui m'aident, qui m'épaulent et me disent que tout va bien se passer. Encore heureux que j'ai une famille exceptionnelle, et surtout une mère exceptionnelle, qui malgré toutes les épreuves que la vie lui a donnée, est là, soutient sa fille et l'aime. C'est ma  maman qui orchestre ma vie en ce moment, car je lâche prise, je suis incapable de prendre des décisions clés, à peine capable de ne pas pleurer devant ma banquière. A peine capable de ne pas pleurer en rendant les clés de l'appartement, celui qui a abrité notre amour, ce truc dont j'ai dû mal à me souvenir tellement je te hais aujourd'hui.

Je pourrais le tuer, ou plutôt les tuer tellement ils me font mal, tellement ils continuent à m'emmerder. J'ai besoin d'air, j'ai besoin d'oublier, j'ai besoin que l'année 2008 se termine et très vite, parce qu'elle n'en finit plus dans les catastrophe. J'ai décidé de ne plus rien entreprendre dans cette année. De ne plus rien construire. Jusque décembre. Parce que ce n'est pas possible d'avoir une année si pourrie. D'être si mal. Après la maladie, après mon frère, après cette rupture douloureuse, après ces problèmes d'argent, comment on se relève? Comment on peut toujours y croire ? Comment on peut se dire qu'on peut voir le bout du tunnel ? D'ailleurs est ce qu'il y a un bout ?  Ce n'est pas que je n'y crois plus, que je veux en finir, mais je baisse les bras, je ne peux plus avancer, j'ai l'impression qu'un énorme fardeau est sur mes épaules.

Alors bien sûr, la rentrée qui s'annonce va être vachement bien, bien sûr que reprendre le sport va me faire du bien, bien sûr que le soutien de mes amis est essentiel, bien sûr que mes problèmes de fric vont s'arranger puisque mes amis sont là, mais j'ai un boule au fond du ventre, du coeur, de la gorge, où vous voulez en fait, qui grossit, grossit et explose dès que possible. Je suis fatiguée.

Je passe quelques nuits avec un homme, toujours le même, mais là je ne peux plus. Même ça, je ne peux plus. Je voudrais quelqu'un qui me fasse rêver. Qui me fasse kiffer comme dirait les jeunes !

Advienne qui pourra, j'avance comme une enfant qui vient d'apprendre à marcher. Tout réapprendre et oublier. Parce que pardonner je ne peux pas.

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samedi 9 août 2008

Dans mon nuage de fumée

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Dans mon nuage de fumée, je tente de faire un demi point puisque je dois prendre aussi quelques décisions importantes et apparentes, comme déménager, m'inscrire à la fac et rencontrer ma banquière !

Mais je tente de passer outre toutes ces commodités d'adultes, cela me fait tellement rire de voir tout le monde s'agiter et priant pour s'enchaîner à tout cela.
C'était mon Non Anniversaire, mais il y a quelque chose. Cela avait le goût de jamais vu et ressenti, je ne pouvais pas retirer ce sourire mon visage, je ne pouvais pas penser à des choses négatives. J'étais avec mes amis, ces gens qui font mon quotidien parisien, ces gens qui font ma vie depuis que cet appartement n'est plus vraiment le même.
Ils m'ont offert une multi prise. Parce que je branche beaucoup.
Cela m'a fait rire.

A. et moi, on est amis, et c'est agréable. Les vacances en Savoie m'ont permise de réfléchir à tout cela. Ou plutôt j'ai subi. Ou encore c'est surtout parce que j'ai passé la nuit avec un très bel homme et que je le revois, ce bel homme. Et même que le matin j'ai l'impression que plus rien ne pourrait me toucher. Et même que le matin il m'embrasse, comme ça, juste parce qu'il en a envie. Plan de plusieurs soirs ou relations, je n'en sais rien, j'avoue que je ne sais pas trop ce que je voudrais. C'est un peu comme si il y avait un grand trou en moi.  On me dit que j'attire, on me dit que je resplendie, que j'enchante, et que je sens le sexe.  Moi, j'ai envie de jouer, 'j'ai envie de sentir mon coeur se soulever, j'ai envie de sentir des peaux sous mes doigts, j'ai envie de sentir tous ces sentiments en moi. J'en suis capable, je suis capable de  sentir cela. J'ai envie de faire l'amour pour me rendre compte que je suis vivante, que tout n'est pas noir. Je l'ai fais avec G. parce que je sentais que ça serait passionnel. De là à dire que nous allons construire quelque chose, c'est un peu tôt. Et je n'y pense pas. Je ne m'attache pas. Je ne veux pas.

Je ne retourne pas sur le passé, je cours toujours, je reviens d'Amiens, puis la Bretagne, puis Rock en Seine, puis d'autres villes, d'autres sourires, toujours un chapeau, rouge ou noir, mais toujours plus loin, toujours plus fort. Que je sente ce coeur se briser, se contracter, qu'il sente que je vis. Avec de l'alcool, avec de la drogue, avec des mains d'hommes, des mains de femmes, mais toujours plus loin pour sentir cela. Donnez moi de l'émotion, donnez moi quelque chose qui me permette de comprendre ce que je viens de vivre, donnez moi quelque chose qui me fasse comprendre pourquoi tant en si peu de temps.

Ce qui fait mal dans l'absence, c'est qu'on sait qu'on ne pourra plus avoir de souvenirs. Que ce soit la fin de sentiments, comme avec B., que ce soit avec la mort, avec mon frère. Plus jamais de nouveaux souvenirs, c'est cela qui fait mal. C'est comme ça aussi que je m'attache. Une course sous la pluie, tu m'embrasses dans la station de métro, j'ai envie de toi, j'ai envie d'être contre toi, de dormir avec toi, mais je t'en supplie ne m'en demande pas plus. Juste des moments volés, fais moi des souvenirs. De ceux qu'on n'oublie pas avec le temps. De ceux sur lesquels je peux rêver.

Et surtout ne dissipe pas le nuage de fumée.

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lundi 21 juillet 2008

Et dans ses bras

J'ai l'impression que le temps file beaucoup trop vite.
Déjà un mois que nos corps ne se froissent plus et que tu es devenu un étranger qui ne comprend pas ma nouvelle vie.

J'enchaine  les voyages, les rencontres, les bouteilles et fait nouveau les cigarettes.

Dans l'ouest, dans une crique, je me laisse aller, allongée dans ma robe africaine. Je me laisse aller aux envies, je me laisse aller à mes rêveries de gamine de vingt ans environ. Je veux ressentir, je sens le soleil, le sable sur tout mon corps. Je me laisse aller au près de ce garçon qui finalement ne m'intéresse pas. C'est juste pour faire comme les grandes dans les séries télé. C'est juste l'été et je me laisse envahir par les effluves d'alcool et les cigarettes, je sens les vacances me prendre tout le corps et tout le cœur surtout. Le soleil me fait un bien fou, je pourrais rester des heures sur cette plage, en priant que tout cela s'arrête, que tout s'arrête.

J'ai l'impression de rien avoir vécu, il ne sait rien passer cette année.

Texte écrit le 17 juillet 2008, Repris le 21 juillet 2008.

Je ne pensais pas que le temps filait aussi vite. Je me rends compte que je ne vis plus vraiment pour moi depuis un mois, ce qui est un paradoxe étant donné que je ne pense normalement qu'à moi depuis un mois. J'enchaine constamment les fêtes, les week-ends champêtres, les envies de tout foutre en l'air. Et pourtant, je ne pense pas à moi. Je fuis mon psy comme une bête noire, je ne fais plus les courses pour moi. Aujourd'hui c'était la première fois en un mois que je faisais des courses, que je prévoyais pour la semaine. Ce sont des petites choses, mais j'ai du tout réapprendre. Je suis seule dans cet appartement, qu'est ce qu'on doit prendre à manger quand on est seule ?

J'ai du mal aussi à écrire de jolis textes, de jolies phrases que j'aurais envie de relire jusqu'à plus soif, en m'auto-congratulant de mes talents innés et cachés que je peux dégager ici. J'avoue que parfois je relis des textes que j'aime particulièrement, rien que pour le plaisir.

Ce n'est pas que je ne vis pas de moments inoubliables, c'est tout simplement que je n'arrive pas à les partager. Je n'arrive pas à expliquer ce qu'il se passe dans ma vie. Et pourtant, en ce moment, beaucoup de gens y rentrent dans ma vie. C'est par exemple le cas de A.
J'ai de nouveau le corps qui se noue, le cœur qui se serre, lorsque nous regardons Paris je t'aime ou même Vier Minuten. J'ai le corps qui se serre en regardant les étoiles contre son torse, j'ai le cœur qui palpite en dormant contre lui. J'ai les yeux qui explosent lorsqu'il me sourit. Je réapprend tous les gestes d'une relation platonique, car ce n'est pas une relation charnelle, même si parfois j'en rêve. J'apprends les contours de sa personnalité, de son passé, de ses envies et de lui.
On rentre des Vieilles Charrues, envie que le moment se suspende, que tout s'arrête, là, à la gare Montparnasse. Envie encore de le regarder, de le sentir.

Je me dis que c'est si facile de se précipiter comme ça, que tout va passer de toute manière. Mais c'est ce que je m'étais dis il y a quinze jours, lorsqu'il m'avait dit que ce n'était pas possible.

Tout s'ouvre, tout en étant déjà fermé.

Adrienne Pauly m'accompagne dans ses moments où je pense à lui, où on sait que ce n'est pas possible, mais où on est prêt à imaginer que tout est possible, rien que pour le plaisir de rêver, de s'imaginer une autre vie, où il serait là.

Finalement, s'imaginer un monde où regarder des films, danser jusque plus soif et se confier, pouvait exister à deux. La facilité à deux.

Je n'y crois plus depuis quelques mois.

Et dans ses bras, je peux.
Je crois. Ou du moins j'y crois.

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dimanche 6 juillet 2008

En regardant le ciel

Je ms suis laissée aller.

Dansée en regardant le soleil se coucher avec la voix de MC Solaar, la musique de Thomas Dutronc, être avec des gens qu'on apprécie, danser, toujours danser et ne plus penser.

Je lève les bras au ciel, je regarde le plus haut possible, j'ai l'impression d'être au dessus de la foule, d'être portée par celle-ci. Je danse sans jamais m'arrêter pour ne pas penser.

Pour ne pas penser négativement surtout.
Sur tout.

Je suis avec mes amies de fac, on est finalement pareilles. Toutes les cinq.
J'avais des doutes, et en fait, non. Je suis bien avec elles, on va à notre rythme. C'est à dire effrénée. 
Danser sur tout, pas n'importe comment,
Instants Gravés au laser dans la rétine.

Je saute sur Cali et je pleure sur Je m'en vais comme tous ces  concerts. J'appelle ça un orgasme musical, sur les mêmes paroles, sur la même musique, la même façon de le dire. Je pleure de joie, je pleure de tous ces souvenirs qui viennent d'un coup. Je hurle les parole, je saute plus haut, je sens les paroles m'envahir, je les ressens.
Alors je scelle ma monture, je repars à l'aventure, Je m'en vais.

Je regarde le ciel, il n'y a pas d'étoiles.
Je suis allongée dans le foin, il n'y a pas d'étoiles.
Les seules étoiles sont celles du chapiteau où je danse sur de l'électro jusque tard dans la nuit.

Je crois que je suis une dépendante affective.
Tout le week-end j'ai pensé à ce garçon avec qui j'ai dormi il y a quelques jours, en tout bien tout honneur.
J'ai pensé à lui et à tous ces moments qu'on vit depuis un mois.

Et je ne sais pas pourquoi cela tourne ainsi dans mon esprit.
Peut être pour oublier la claque affective que je viens de me prendre, pour éviter de courir après les fantômes.
Parce que j'avoue, c'est mal de courir après des amours déchus quand justement on vient de se prendre une claque affective.
Je ne dis pas que je regrette hein.
Je dis juste que revenir sur le passé, ça fait pas l'avenir.

J'ai envie d'émotions en ce moment, d'émotions pures, comme regarder le ciel, allongée dans l'herbe, seule ou accompagnée, finalement ça m'est égal.
Juste regarder le ciel, regarder le ciel, et ne penser à rien, ou seulement à des choses agréable.
Aux rires de mes amies, à son sourire.

Juste regarder le ciel, allongée dans l'herbe.

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mardi 1 juillet 2008

Du verre pilé dans le corps

Je ne sais pas ce qui m'a pris exactement, cette fameuse nuit.
Je ne comprends plus mes réactions.
Je suis à fleur de peau, à fleur de moi, à fleur de tout.

Poupée de chiffon laissée comme ça, dans le coin de la chambre, j'ai beau regarder vers l'avant, j'ai le ventre déchiré, j'ai le cerveau en décomposition.

A danser sous les lampions de ce 30 juin, j'ai beau tourner, je vois toujours la douleur, je la sens toujours.
Je tourne dans tels ou tels bras, je danse, danse, je ne devrais pas avec mon sein, mais je danse quand même.

Je les regarde l'un après l'autre, toujours en attente, d'un geste, d'un regard, qui me dirait que j'existe toujours, que je suis toujours belle, que j'existe toujours. Dîtes moi que j'existe toujours.

Je marche dans ce Paris que j'aime, la nuit, souvent très tard, sans musique, souvent seule. Je rentre chez moi à la lumière de mes fantômes. Je ne pense plus, cela est dangereux pour la santé. Je me sens mal, je me sens seule, je me sens abandonnée. Et je ne le dis à personne. Je ne veux pas passer pour la fille qui pleure tout le temps, mais j'ai tellement mal.

Je saigne tellement au fond de moi, que mes règles ne s'arrête plus depuis quinze jours.

J'ai mal à en creuver, d'être abandonnée, de ne plus être aimée. D'avoir été trahie.
Pire que les amours que je tente d'oublier depuis. Longtemps.
Je retombe dans une sorte d'addiction qui va forcément me détruire, je le sais, je le sens, je vais encore descendre un peu plus bas, parce que je n'exprime toujours pas que j'ai mal.

J'ai beau boire, baiser, danser, je n'oublie pas, je n'oublie pas.

Je repense à mes deux dernières années, à tout cela, au jeu du "je fais comme une grande". J'ai l'impression d'avoir perdu mon temps,  de m'être fait avoir en beauté. Chaque jour, je découvre la vraie nature du Gros Connard qui a accompagné ma vie, qui a accompagné la découverte de ma tumeur, la mort de mon frère. Cela me donne envie de vomir, cela me donne envie de me foutre en l'air. Je ne mange plus, je me laisse aller, l'appartement prend la forme de mon mal être.

Je souris, je souris, je ris, je fais semblant, je me laisse aller dans les premiers bras qui veulent bien de moi, des premiers bras qui veulent bien m'aimer. Je n'en peux plus de faire semblant, je n'en plus de sourire.

Et ce sang qui coule, qui coule.
Et ma tête qui tourne, qui tourne.

Et ces larmes qui ne coulent pas, ces larmes qui ne sortent pas.  Ces larmes qui ne mouillent pas mes joues, qui ne roulent pas. Je ne comprends pas, je ne comprends plus.

Et j'abandonne.

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samedi 28 juin 2008

Paris à mes pieds

Je n'écrirais plus quand je n'irais pas bien.
Je n'écrirais plus quand je penserais à lui, puisque de toute manière cela ne sert à rien !

Paris, à mes pieds.

Terrasse d'une grosse boîte de graphisme, cinquième étage, centre de paris.
Tour Eiffel, Montmartre, Panthéon, les immeubles de tout Paris.
Verre de Vodka à la main, on ne connait personne mais on est trop heureux.
Première sortie depuis l'extraction de la tumeur.

B² avec moi, M. aussi.
On fait des rencontres, je chante et danse devant des cadres Sup'.
M. me fait danser un rock endiablé devant ses gens qui "Non le mois dernier j'ai gagné 4 000 euros".

Toujours les quais, ou le pont des Arts ensuite, toujours des sourires.
Et toi, qu'est ce que tu penses de tout ça ?
On est tombé en amitié M. J. et moi. Un joli petit trio, deux garçons, une fille.
Un homo, un coureur, un cœur brisé.
Même énergie, même envie d'aller plus loin que le bout de la nuit, des rencontres.
Même envie de ne pas se quitter, d'échanger, des bouteilles, mais aussi des trucs vrais.

Et je chante Muse et j'attends la note que j'ai toujours tenter d'avoir. Ils jouent de la guitare, moi je chante.
Je rentre toujours à six heures du matin, ou je dors chez M. dans son lit, comme deux gamins on discute tard, on se fait un câlin et bonne nuit. Des gamins , une vraie amitié qui nait.

Trio improbable, de personnes qui ont mal un peu au cœur.
Avec eux, je parle à n'importe qui dans n'importe quels endroits. On élargit nos cercles de connaissances
On fait de jolies rencontres. De très jolies rencontres. De très jolies rencontres.

Je dessine sur mon miroir après la douche un avenir en couleur, un avenir accompagné par eux, un avenir vraiment sympa, pour une petite nana comme moi qui aime tellement faire la fête et être entourée.

Je ne veux plus voir l'autre.

C'est décidé avec B², on prends une coloc' à la rentrée, et je reste à Pairs pour le plus grand plaisir de mon petit trio, de mes amis de facs et du théâtre.

Quand Paris est à pieds, je succombe aux charmes et je me laisse aller.
Vers d'autres horizons.








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mardi 24 juin 2008

Mon coeur au mixeur

C'est toujours le même sentiment.
Je n'arrive pas à le croire, je n'arrive pas à me dire que lui il a pu me tromper.
Qu'il a joué de ma faiblesse, pour finalement devenir plus fort.

On ne s'était pas quitté, on avait dit qu'on resterait ensemble.
A Nancy, à Paris, on changeait d'appart', mais je t'aime tu sais.

En fait, tu t'en tapais une autre.
Au moins,c 'était fini nous deux.

Je ne veux plus te parler, te voir, je réapprends les étapes de la vie sans toi.
Et je suis bien mieux sans toi.

Il y a eu le théâtre, les rencontres, la nouvelle drague, on réapprends les gestes qu'on ne connaissait plus.
Je bois, je me couche très tard, je suis sur scène.
Je vois le lever du soleil sur la Seine sur le Pont des Arts.
Je t'oublie. Au plus vite.
Je me laisse souffrir aussi, pour ne pas avoir encore mal dans quelques mois quand il faudra reprendre la vie.


On m'a retiré aussi la tumeur.
Je me demande si ils ont vu mon cœur en morceaux, en miettes, en m'ouvrant.

J'ai du passer au mixeur.
Personne ne l'a vu.

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jeudi 12 juin 2008

Nouveau départ

Je ne pensais pas que j'en étais capable.

De tout plaquer et de repartir à zéro, encore plus forte, encore plus sûre de moi.

Je fais des cycles de deux ans, où tous les deux ans, je plaque mon mec/une ville/des amis/des études.
Là, je fais tout d'un coup.

Je repars à zéro.

Je ne sais pas du tout comment on en est arrivé à cette conversation B. et moi.
J'étais couchée sur le ventre et lui aussi, on se regardait, comme si on ne se connaissait plus.

Et les mots sont venus tous seuls.
Nous ne sommes pas pareils, nous n'avons pas les mêmes envies, les mêmes attentes, je ne veux plus t'attendre, je ne veux plus faire semblant.
Je t'aime mais je ne peux plus te supporter, toi et ta vie.

Depuis c'est l'ouverture des vannes, ou plutôt de mes poumons.
Je respire enfin, nous respirons, notre couple en lambeaux respire.

Après cette nuit où j"ai pleuré quasiment toutes les larmes que je ne pleurais plus depuis un mois, j'ai réussi enfin à me calmer.
A appeler mon père, mon meilleur conseiller financier et de vie.

Un peu la révélation ce Papa.
"Pourquoi tu restes à Paris, une ville que tu n'aimes pas spécialement, pour faire des études que tu n'aimes pas spécialement, pour retourner dans un 12m² ?"
Oui, c'est vrai. C'est vrai, pourquoi rester avec dans une ville que j'aime parce que c'est Paris, mais dont je n'arrive toujours pas à m'adapter au bout de deux ans, avec une overdose de métro, de RER et de courses. C'est vrai de très bonnes fêtes, mais à Nancy aussi. C'est vrai de bons potes, mais à Nancy aussi. C'est vrai un prestige qui s'appelle la Sorbonne, mais besoin d'une certaine humilité et d'un "foutez moi la paix" important.

J'ai des choix de vie à faire et je les ai fais ce mercredi 11 juin 2008 vers 9 heures.
Grâce à mon Papa.

Mes choix de vie je les ai fais. Je veux une vie où je puisse voir ma famille et mes amis, une vie où je peux profiter, faire du théâtre, du cheval, partir en vacances et surtout toujours profiter.

J'ai tout à apprendre, je réapprend à marcher, je réapprends à penser à moi, ce que je n'avais pas fais depuis deux ans.
Un électrochoc.

Bien-sûr, j'aime B., je m'en rends compte parce que j'ai quand même le cœur fendu en plusieurs morceaux. Mais depuis quand je m'arrête pour quelqu'un qui ne me correspond pas? J'ai des tas de souvenirs qui remontent, qui me font pleurer souvent, je le prends dans mes bras le matin, et je lui demande si on en est vraiment capable, si je vais réussir ce nouveau départ, si je vais recommencer à croire en moi. Je le regarde encore quand il dort, il est si mignon, mon tendre Amour, mais je ne peux plus, nous ne pouvons plus vivre comme ça, il n'aura jamais le même rythme que moi, les mêmes envies. Je nous revois la première fois nous embrassant,  nous touchant, notre première engueulade, notre première nuit, la rencontre de ses parents, notre journée à Disney. Qu'est ce que je garde finalement ? Un peu tout, peut-être pas les cinq derniers mois, quoique.. Si, même ça je garde.

Comme tout Amour finissant et marquant, cela est désespérément triste. Je pourrais passer mes journées à pleurer, à refuser la réalité. Mais à quoi bon ?

C'est fini.

Et tout recommence.


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